L’actionnaire minoritaire reprochait à la direction de la société de ne pas distribuer de dividendes malgré l’existence de réserves financières importantes, tout en augmentant la rémunération du dirigeant majoritaire. Selon lui, cela constituait un abus de majorité visant à détourner les bénéfices au détriment des actionnaires minoritaires.
Le Tribunal a considéré que les décisions de la direction, y compris l'absence de distribution de dividendes, s’inscrivaient dans une stratégie de développement légitime et prudente, orientée vers la pérennité de la société et l’innovation dans un secteur en constante évolution. La rémunération du dirigeant, approuvée en assemblée générale, a été jugée proportionnelle aux responsabilités assumées, transparente et conforme aux résultats de l’entreprise.
La prudence est tout de même de mise, la Cour de cassation ayant déjà caractérisé l’abus de majorité dans des situations similaires, rappelant que chaque cas doit être analysé selon son contexte et l’intention des dirigeants.
Cette décision éclaire toutefois le fait que l’abus de majorité ne peut être invoqué sans preuve tangible d’une intention de nuire aux intérêts des actionnaires minoritaires ou de décisions contraires à l’intérêt social et rappelle avec force l'importance d’une gouvernance équilibrée, particulièrement dans le monde effervescent des technologies.
Une victoire qui réaffirme le rôle central d’une gestion avisée dans la protection des intérêts de tous les actionnaires.