Comme annoncé dans le protocole sanitaire diffusé le 9 août dernier, le décret du 8 septembre 2021 revoit les critères de l’activité partielle des personnes dites « vulnérables » au Covid-19, en distinguant trois catégories de bénéficiaires (cf. ci-après).
Ce décret entrera en vigueur le 27 septembre 2021 (au lieu du 15 septembre comme annoncé initialement par le Gouvernement).
Pour justifier cette évolution, le Gouvernement s’appuie sur l’avis du Haut conseil de la santé publique rendu en mai dernier et précise que certaines personnes considérées jusqu’alors comme « vulnérables » pourront ainsi reprendre leur activité professionnelle en présentiel à partir du lundi 27 septembre, en bénéficiant de mesures de protection renforcées. Les employeurs sont invités à préparer les conditions nécessaires d’aménagement de poste ou d’activité pour ces personnes possiblement éloignées de leur emploi depuis plusieurs mois, en lien avec la médecine du travail qui peut également proposer de maintenir le télétravail au cas par cas. (Communiqué de presse du 9 septembre 2021).
Peuvent être placés en activité partielle les salariés considérés comme vulnérables du fait de leur âge ou de leur état de santé, qui sont affectés à un poste de travail susceptible de les exposer à des fortes densités virales, pour lesquels il n’est pas possible de recourir totalement au télétravail ni de mettre en place des mesures de protection renforcées définies par décret (cf. ci-après). Trois critères cumulatifs, appréciés par un médecin, sont donc exigés :
Les salariés doivent être placés dans l’une des situations médicales suivantes :
Les salariés doivent être affectés à un poste de travail susceptible de les exposer à de fortes densités virales
Le Ministère du travail évoque, à titre d’exemple, les services hospitaliers de 1ère ligne ou les secteurs dédiés à la prise en charge du Covid-19, du fait d’une exposition systématique et répétée à des personnes infectées par le Covid-19.
Si l'employeur estime que le poste de travail du salarié qui demande un placement en activité partielle ne remplit pas les conditions d’exposition à de fortes densités virales, il pourra saisir le médecin du travail, qui se prononce, en recourant le cas échéant à l'équipe pluridisciplinaire de santé au travail, sur le respect de ce critère et vérifie la mise en œuvre des mesures de protection renforcées dont bénéficie ce salarié. Le salarié devra être placé en activité partielle dans l'attente de l'avis du médecin du travail.
Les salariés ne doivent pouvoir ni recourir totalement au télétravail ni bénéficier des mesures de protection renforcées mises en place par l’employeur.
Ces mesures, qui n’ont pas évolué depuis le dernier décret, sont les suivantes :
S’il estime que l’employeur n’a pas mis en place les mesures de protection renforcées, le salarié vulnérable pourra saisir le médecin du travail qui se prononce en recourant le cas échéant à l'équipe pluridisciplinaire de santé au travail, sur la possibilité de poursuite ou de reprise du travail en présentiel. Le salarié sera placé en position d'activité partielle dans l'attente de l'avis du médecin du travail.
Peuvent être placés en activité partielle les salariés sévèrement immunodéprimés répondant aux deux critères cumulatifs suivants (également appréciés par un médecin) :
Etre dans l'une des situations médicales suivantes :
Ne pas pouvoir recourir totalement au télétravail.
Les salariés de 65 ans et plus ou souffrant de l’une des pathologies listées pour les salariés vulnérables (cf. ci-avant) peuvent être placés en activité partielle au cas par cas :
A noter : la condition de l’impossibilité de bénéficier des mesures de protection renforcées ne s’applique pas pour ces deux catégories de salariés. L’employeur ne peut pas leur opposer le fait d’avoir mis en place de telles mesures pour les écarter de l’activité partielle.
Les personnes relevant de l’une de ces 3 catégories pourront demander à leur employeur d’être placées en activité partielle, en présentant un certificat d’isolement établi par un médecin.
Le communiqué de presse du Ministère du travail précise que les personnes peuvent demander à bénéficier d’un certificat d’isolement à leur médecin de ville ou à leur médecin du travail, lesquels peuvent par ailleurs être amenés à échanger pour apprécier plus finement les conditions de travail.
Pour les personnes ayant déjà fait l’objet d’un certificat d’isolement entre mai 2020 et septembre 2021, un nouveau justificatif est nécessaire.
Les salariés vulnérables continueront à bénéficier d’une indemnité majorée au titre de l’activité partielle jusqu’au 31 décembre 2021, sauf si un texte devait mettre fin à ce dispositif exceptionnel de façon anticipée.
Comme le rappelle le questions-réponses du Ministère du travail, ils seront indemnisés à hauteur de
70 % de leur rémunération antérieure brute (dans la limite de 70 % de 4,5 Smic et d’un plancher de
8,11 € par heure chômée) et leurs indemnités resteront prises en charge à 100 % au titre de l’allocation d’activité partielle.
Protocole sanitaire mis à jour au 10 septembre 2021 : cliquez ici !